Skip to main content

Ajyal al-Tahrir rend hommage au journaliste martyr Saleh al-Jaafarawi

Dans le cadre de la cérémonie d’inauguration du nouveau centre de jeunesse Ajyal al-Tahrir, le deuxième site du Centre international de Palestine dans le camp de réfugiés de Bourj al-Barajneh, les jeunes ont rendu hommage au journaliste martyr Saleh al-Jaafarawi, tué un an auparavant à Gaza.

Saleh al-Jaafarawi était suivi par des millions de personnes à travers le monde, car il portait les voix, la douleur, la souffrance et la lutte de son peuple à Gaza à travers toutes les formes de réseaux sociaux et de reportage journalistique. Il a été la cible de campagnes incessantes de diffamation et d’attaques sionistes.

Il était également un joueur de tennis de table passionné qui avait auparavant représenté la Palestine aux Championnats du monde. Il est tombé en martyr à l’âge de 27 ans, voix représentative de la jeunesse palestinienne qui portait la vérité au monde et qui a été ciblée pour la clarté de sa vision. Il s’était fait connaître lors de la Grande Marche du Retour en 2018, lorsqu’il avait été blessé à plusieurs reprises alors que les soldats de l’occupation tiraient sur les grandes manifestations populaires.

Il est tombé en martyr un jour avant que son frère bien-aimé, Naji, ne soit libéré d’une prison de l’occupation dans le cadre de l’échange Toufan al-Ahrar.

Saleh a laissé le dernier message suivant :

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Louange à Allah, Seigneur des mondes, qui a dit : « Ne pensez pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts. Au contraire, ils sont vivants auprès de leur Seigneur, recevant leur subsistance. »

Je suis Saleh.

Je laisse ce testament, non pas comme un adieu, mais comme la continuation d’un chemin que j’ai choisi avec certitude.

Allah sait que j’ai consacré tous les efforts et toutes les forces dont je disposais à être un soutien et une voix pour mon peuple. J’ai vécu la douleur et l’oppression dans leurs moindres détails, j’ai goûté à maintes reprises à l’amertume et à la perte des êtres chers, et pourtant je n’ai jamais hésité un seul jour à transmettre la vérité telle qu’elle est — cette vérité qui restera un témoignage contre tous ceux qui ont faibli et gardé le silence, mais aussi un honneur pour tous ceux qui ont soutenu, accompagné et défendu le peuple le plus noble, le plus honorable et le plus digne : le peuple de Gaza.

Si je tombe en martyr, sachez que je ne suis pas parti…

Je suis maintenant au Paradis, auprès de mes compagnons qui m’ont précédé ;

auprès d’Anas, d’Ismail et de tous les êtres chers qui sont restés fidèles à leur engagement envers Allah.

Je vous demande de vous souvenir de moi dans vos prières et de poursuivre le chemin après moi.

Souvenez-vous de moi par une aumône continue et évoquez-moi chaque fois que vous entendez l’appel à la prière ou que vous voyez la lumière percer la nuit de Gaza.

Je vous exhorte à préserver la résistance…

Le chemin que nous avons parcouru et la voie en laquelle nous avons cru.

Nous n’avons connu aucun autre chemin pour nous-mêmes, ni trouvé de sens à la vie en dehors de notre fermeté à le suivre.

Je vous demande de prendre soin de mon père… mon bien-aimé, mon modèle, en qui je me voyais et qui se voyait en moi. Toi qui es resté à mes côtés à travers toutes les épreuves de la guerre et tout ce qu’elle comportait… Je demande à Allah que nous nous retrouvions dans les jardins du Paradis et que tu sois satisfait de moi, ô toi qui es la couronne de ma tête.

Je vous demande de prendre soin de mon frère, mon maître et mon compagnon de route, Naji.

Ô Naji… Je t’ai précédé auprès d’Allah avant ta libération de prison.

Sache que c’est un destin écrit par Allah,

et que le désir de te revoir demeure en moi.

Je souhaitais te voir, te serrer dans mes bras, te retrouver,

mais la promesse d’Allah est vraie, et nos retrouvailles au Paradis sont plus proches que tu ne le penses.

Je vous demande de prendre soin de ma mère…

Ô mère, la vie sans toi n’est rien.

Tu étais la prière incessante, le souhait qui ne meurt jamais.

J’ai prié Allah de te guérir et de t’accorder santé et bien-être,

et combien j’ai rêvé de te voir partir te faire soigner et revenir avec le sourire.

Je vous demande de prendre soin de mes frères et sœurs.

Mon objectif est de satisfaire Allah, puis de vous satisfaire.

Je demande à Allah de vous rendre heureux et de rendre vos vies aussi pures que vos cœurs tendres, auxquels j’ai toujours essayé d’apporter de la joie.

J’ai toujours dit :

Que la parole ne tombe pas et que l’image ne s’efface pas.

La parole est un dépôt sacré, et l’image est un message.

Portez-les au monde comme nous les avons portées.

Ne pensez pas que mon martyre soit la fin,

mais plutôt le commencement d’un long chemin vers la liberté.

Je suis le porteur d’un message que je voulais faire parvenir au monde — à ce monde qui ferme les yeux et à ceux qui gardent le silence face à la vérité.

Et si vous apprenez mon départ, ne pleurez pas pour moi.

J’ai longtemps souhaité cet instant et demandé à Allah de me l’accorder.

Louange à Allah, qui m’a choisi pour ce que j’aime.

À tous ceux qui m’ont fait du tort durant ma vie par des insultes ou de fausses calomnies, je vous dis : me voici, partant vers Allah en martyr, avec Sa permission, et c’est auprès d’Allah que tous les différends seront réglés.

Je vous demande de prendre soin de la Palestine…

de la mosquée Al-Aqsa…

Je souhaitais atteindre sa cour, y prier, toucher sa terre.

Si je ne peux l’atteindre en ce monde,

je demande à Allah de nous y réunir tous, dans les jardins de l’éternité.

Restez informé
Tenez-vous au courant des dernières actualités du Centre international de Palestine.